4 ans sans venir au pays ça fait quand même long ?
Oui, le pays m’a beaucoup manqué, mais je l’avais toujours dans mon cœur. Le Cameroun c’est le chez nous et on ne peut pas le fuir ; même s’il y a des personnes qui posent des actes désobligeants en mon nom (Ndlr : affaire passeport). J’aimerais maintenant être au pays tous les ans.
Parlant de show, les étudiants se plaignent qu’il ne dure jamais.
Est-ce vrai ? Bon en plus, les étudiants se plaignent et revendiquent toujours. Mais ceux du Cameroun sont exceptionnels, pour eux je ferais un concert de plus d’une heure.
Du talent, il y en a aussi chez les bassistes ?
Oui, nous avons la chance d’avoir aussi des meilleurs instrumentistes au monde : Guy N’sangué, Aladji Touré, Ntoumba Minka, Etienne Mbappé, Manu Dibango…
Mais tu n’as pas peur de la piraterie ?
Je ne suis pas contre la piraterie. Les pirates nourrissent de nombreuses familles. Dans notre pays tout avance et chacun doit survivre. J’ai juste peur pour l’artiste local qui ne vend qu’au pays. Pour eux le système doit trouver une solution. Tu sais man, quand je suis arrivé au bercail, un jeune pirate m’a interpellé dans la rue « hey boss », il m’a montré 4 ou 5 de mes CD piratés. Qu’aurez-vous voulu que je fasse de lui ? Il se débrouille. Les jeunes que les pirates nourrissent sont importants pour le futur.
Un album en préparation ?
Oui, il va s’appeler « the twelves shade of blues », les douze ombres du blues. Il sort le 24 octobre 2009. Il est à forte coloration blues. Parce que le blues est d’Afrique. C’est une gamme pentatonique qu’on a au Mali, au Cameroun, en Inde… Les notes sont identiques. Juste que chacun interprète à sa manière. Nous avons notre blues à travers le bikutsi et le makossa.
Es tu fier d’être africain ?
Ca ne se voit pas ? Je chante avec les langues de chez nous, je raconte les histoires de chez nous et fier de savoir que se continent à produits des personnes comme Eto’o, Manu, N’dour, Yannick Noah, Salif Keita…On ne peut être que fier de parler aussi de notre Mbongo Tjobi, du Kpwem, du Ndolé…
Mais il y a le SIDA !
Malheureusement, mais bon chacun doit s’engager à le prévenir. Moi je me suis engagé dans la lutte contre le Sida, grâce à Synergies Africaines et au lions club. J’attends d’être appuyé par d’autres structures. Si une structure peut me soutenir, j’apporte et porte haut ma voix contre le Sida, je le ferais volontiers.
Que doit-on retenir du style Bona ?
La musique est une science qui n’est pas palpable, c’est de la magie. On ne peut pas la toucher. Chacun à son sentiment. Je suis un étudiant de la musique. Quelqu’un m’a dit quand tu chantes tu me fais penser à ma mère. J’ai envie de marquer éternellement.
Propos recueillis par Joseph Dzéné

