SPONSOR – YOYETTE.
Etat d’urgence

Au Cameroun, les filles de 20 à 24 ans sont trois fois plus infectées au VIH/SIDA (7,9%) que les garçons du même âge (2,5%). Cette effroyable vérité se dégage de l’Enquête Démographique et de Santé 2004 du Cameroun. Elle prouve que les filles de 20 à 24 ans ne contractent pas nécessairement pas le VIH par des rapports sexuels avec des jeunes de leur génération, mais plutôt avec des partenaires plus âgés identifiés comme sponsors. Deux choses permettent de catégoriser le Sponsor : d’abord, il est d’au moins dix ans plus âgé que sa jeune partenaire. Ensuite, il arrose la fille d’argent, de cadeaux et de luxe en échange pour obtenir ses faveurs sexuelles. Il se pourrait aussi qu’il abuse de sa position sociale ou de son autorité sur la fille pour «finir» avec elle. Enfin, ce qui l’intéresse en priorité chez la fille, c’est le sexe. La plupart des sponsors  sont âgés de plus de 30 ans. Or d’après l’enquête citée ci-dessus, les hommes de plus de 30 ans ont le taux de séroprévalence le plus élevé de toute la population masculine du Kamer (+ de 8%).

Il y a pire : bien que sachant qu’elles courent un risque d’infection au VIH/SIDA, la moitié des filles impliquées dans des relations avec des Sponsors n’ont pas fait leur test. Elles peuvent se trouver infectées, re-infectées ou infecter elles-mêmes leurs multiples partenaires sans le savoir. Elles représentent ainsi un danger pour leurs divers partenaires et pour elles-mêmes. Illustration : 35% d’étudiantes flirtant avec des sponsors ont déjà pratiqué un avortement clandestin. Jouer avec la mort pour quelques CFA, cela vaut-il vraiment la peine ?

Emile Onana